Utente:Simo82/Calcio

Il calcio nella cultura popolareModifica

La cultura nel calcioModifica

Il calcio, "linguaggio universale"[1] come è stato definito da alcuni autori, ha generato sia una cultura specifica (con i suoi codici e la sua particolare terminologia), sia tutto un insieme di produzioni artistiche a riguardo: dal cinema alla musica, il calcio è infatti fonte di ispirazione da oltre un secolo. L'umanista francese Albert Camus, che in gioventù giocò come portiere,[2] fece un sentito omaggio al calcio, dichiarando:

(FR)

«Tout ce que je sais de plus sûr à propos de la moralité et des obligations des hommes, c'est au football que je le dois»

(IT)

«Tutto quello che so di sicuro a proposito della moralità e degli obblighi degli uomini, lo devo al calcio.»

(da Jean-Yves Reuzeau e Gilles Vidal, Almanach du football, Parigi, Edizioni Méréal, 1997, p.146. ISBN 2909310493)

Camus sarebbe sicuramente stato il portiere ideale della squadra dei filosofi francesi, se fosse stato convocato per la finale di calcio dei filosofi, sketch del 1972 dei Monty Python. Anche Raymond Aron sarebbe potuto entrare in questa ideale formazione, vista la sua dichiarazione due mesi prima della Coppa del Mondo 1982:

(FR)

«Ne boudons pas cette grande fête, non d'amitié, mais de compétition entre les nations par l'intermédiaire d'artistes fragiles. Une compétition soumise à des règles, contrôlées par des arbitres, n'est-ce pas, en dernière analyse, l'image de la seule réconciliation entre les peuples compatible avec la nature des collectivités et peut-être de l'homme lui-même?»

(IT)

«Non si rovini questa grande festa, non d'amicizia, ma di competizione tra le nazioni attraverso fragili artisti. Una competizione sottomessa a delle regole, controllate dagli arbitri, non è forse, in definitiva, la sola immagine di riconciliazione tra i popoli compatibile con la natura della collettività e, probabilmente, con la natura dell'uomo stesso?»

(Raymond Aron, «Confessioni di un fan», da L'Express del 9 aprile 1982. Citato da Jean-François Bourg, Football Business, Paris Olivier Orban, 1986, p.245. ISBN 2855653118)


In ambito musicale, squadre di club e Nazionali sono state fonte di ispirazione per canzoni poi diventate successi commerciali: è il caso di Leeds United (Leeds), numero 10 nella classifica britannica dei singoli nell'aprile 1971,[3] Good Old Arsenal (Arsenal), 16a nel maggio dello stesso anno,[4] Blue Is the Colour (Chelsea), quinta nel marzo 1972,[5] I'm Forever Blowing Bubbles (West Ham), 31a nel mese di maggio 1975,[6] We Can Do It (Liverpool), numero 15 nel maggio 1977,[7] e Glory Glory Man United (Manchester United), tredicesima nel maggio 1983.[8] Spesso però i tifosi preferiscono adottare come inno della propria squadra canzoni di per sé estranee al calcio. Così l'inno dei tifosi del Liverpool e del Celtic è You'll Never Walk Alone, canzone scritta per una commedia musicale statunitense che non ha alcun rapporto con il gioco del calcio. Alcuni artisti, invece, si sono ispirati al calcio, come i Queen nel realizzare We Will Rock You e We Are the Champions,[9] che viene suonata per celebrare la squadra vincitrice della UEFA Champions League o della Coppa del Mondo.

Nella letteratura Nick Hornby pubblicò Febbre a 90° nel 1992 qui fait évoluer la perception du phénomène supporter par les Britanniques. Citons également des auteurs comme Pierre Bourgeade (Le Football, c'est la guerre poursuivie par d'autres moyens chez Gallimard en 1981) ou le plus léger René Fallet (Le Triporteur chez Denoël en 1951) sans oublier les pionniers Henry de Montherlant (1895-1972), Jean Giraudoux (1882-1944) et Albert Camus (1913-1960) qui introduisent le football dans la littérature. En Allemagne, on monte des pièces de théâtre axées sur le football : la pièce burlesque Un footballeur et un indien d'Amérique (Fussballspieler und Indianer, écrite en 1924 et montée en 1926), satire pointant déjà la place des médias dans le sport, Sous le maillot rouge et blanc (Stimmung Rot-Weiss, 1971) et La Guerre des États (Länderkampf, 1971), dénonçant les passions nationalistes engendrées par le football. La radio allemande diffuse des pièces conçues pour ce média tel Le Match (Das Fussballspiel, 1967-1969), La Balle (1974 ; brèves de comptoirs de supporters) ou Der syntetische Seler (1973).

Nel modo del cinema sono stati esplorati tutti gli aspetti del calcio a partire dal 1911 quando fu prodotto il primo film su questo argomento, Harry the Footballer del britannico Lewin Fitzhamon:[10] de la folie de certains supporters dans À mort l'arbitre de Jean-Pierre Mocky (1984, un an avant le Drame du Heysel) à la satire sociale avec Coup de tête de Jean-Jacques Annaud (1979) en passant notamment par la fresque historique avec Le Miracle de Berne (Das Wunder von Bern) de Sönke Wortmann (2003) et l'exotisme avec La Coupe (The Cup), film australo-bhoutanais de Khyentse Norbu (1999) nous racontant les aventures de deux jeunes tibétains réfugiés dans un monastère bouddhiste, qui tentent de suivre la Coupe du monde 1998 à la télévision, exemples qui illustrent encore et toujours l'universalité du ballon rond.

Dans le domaine de la peinture, on citera Les footballeurs abstraits de Nicolas de Staël, série de 25 toiles et nombre d'esquisses peintes par l'artiste au cours d'un match France-Suède en 1952 au Parc des Princes[11].

 
Omini del subbuteo

Il calcio ha anche ispirato la creazione di giochi da tavolo e videogiochi. Uno dei primi fu il subbuteo mentre per quanto riguarda i videogiochi le serie FIFA e Pro Evolution Soccer sono tra le più vendute (???, ipotesi, verificare).[12]

Altri prodotti legati al calcio e molto diffusi sono le figurine Panini che collezionano in particolare i bambini que les enfants collectionnent, ou les programmes de match, qui jouent un rôle important dans les relations entre clubs et supporters au Royaume-Uni, notamment. De même, les paris sur les matches de football tiennent une place de choix dans le domaine des paris sportifs. Le Totocalcio italien (créé le 5 mai 1946[13]) et la Quiniela espagnole (saison 1946-1947[14]) sont de véritables institutions, sans même parler des Britanniques qui pratiquent les paris depuis l'origine du jeu et de manière plus encadrée depuis 1923[15]. La France est la dernière nation en Europe à autoriser les paris sur des matches de football (17 avril 1985[16]). Une taxe, plus ou moins lourde selon les pays, est généralement prélevée sur ces paris pour financer le mouvement sportif.

L'étude historique du football constitue un élément important de la culture foot. Tout supporter digne de ce nom est incollable sur l'histoire de « son » club. Longtemps abandonnée aux seuls journalistes qui se laissent souvent aller à l'emphase, l'histoire du football passe progressivement dans le champ des historiens. Les Anglo-Saxons sont en pointe dans ce domaine tandis que les nations latines préfèrent encore laisser la plume aux journalistes. À la fin des années 1980, l'historien français Alfred Wahl appelle de ses vœux une évolution[17], mais les travaux d'historiens ne pèsent rien face à la communication souvent légendaire des clubs relayée par les médias.

SupportersModifica

 Lo stesso argomento in dettaglio: Supporter de football.

« Le Supporter. Ne riez pas, vous en connaissez tous au moins un. Le supporter, le vrai, le vulgaire supporter qui crie, qui gueule le long de la touche est une inconsciente victime de la folie du football. Mais c'est en même temps un être bizarre autant que dangereux, d'abord parce qu'il ne supporte rien... contre son club et que le club aura beau faire, jamais il parviendra à se débarrasser de cette pieuvre qu'on nomme supporter. Pourquoi s'est-il voué à l'Union Sportive de X, plutôt qu'au Sporting Club de la même ville, il ne saurait le dire lui-même.(...)

Pendant la partie, il passe à la fois par toutes les angoisses et par les manifestations de joie les plus débordantes. Il est atterré pendant dix minutes et radieux pendant quinze autres. Les goals marqués contre son équipe sont toujours off-side. L'arbitre est un cochon et les linesmen sont des vendus. Et c'est fourbu, démoli, le visage décomposé qu'il se rend après le match au siège de son club, où il s'affale, plus fatigué que les joueurs eux-mêmes. Là, l'œil terne et brumeux, un ami lui fait bien le récit de ses récentes escapades, mais il ne daigne même pas sourire au passage le plus gai du récit. Mais voilà qu'incidemment l'ami a prononcé le nom de son club. Son œil s'allume, sa main s'énerve, sa bouche, jusqu'alors dédaigneusement close, s'ouvre. Il va parler. Il parle. Et alors, il est magnifique le supporter. Il décrit ses joies, les beautés de son club. Les mots abondent, les métaphores se précipitent, c'est un fleuve d'éloquence qui vous culbute, vous immerge et vous entraîne dans un torrent tumultueux.

N'essayez pas de résister, abandonnez-vous au contraire, car vous êtes sa victime. Il vous tient et ne vous lâchera que quand vous aurez reconnu que son club est le premier, le plus fort et le plus grand de tous les clubs de France. »

extrait de Football et sports athlétiques du 12 novembre 1910, p. 2 (article non signé)

Le football génère un vaste mouvement de soutien populaire, parfois inconditionnel : le phénomène des supporters. Les fans d'un même club peuvent s'organiser en mouvements appelés groupes ou associations de supporters. Certains groupes versent dans le hooliganisme.

Le phénomène des supporters existe depuis l'Antiquité[18], et avant même la codification du football, tous les bénéfices et travers de ce mouvement sont déjà bien connus. Le cricket anglais est ainsi durement touché par une vague de violence de ses supporters des années 1770 au début du Template:XIXe siècle. L'écrasante majorité des supporters sportifs sont pacifiques et festifs, il est donc réducteur de traiter uniquement ce thème sous l'angle de la violence. De même, réduire le supporter à un simple consommateur de produits de merchandising est également un lieu commun. Les autorités sportives, elles-mêmes, n'ont d'ailleurs toujours pas intégré de plein droit les supporters au sein de la « famille du foot ». Michel Platini, président de l'UEFA, a prévu de corriger cet oubli[19].

Les supporters ont pourtant un rôle déterminant dans le financement des clubs, l'animation des stades et permettent aux joueurs de donner le meilleur d'eux-mêmes sur le terrain. Le surnom de « douzième homme » n'est pas usurpé. Ils représentent également une forme de contre-pouvoir face aux dirigeants. Ainsi, en Angleterre et en France, des déménagements de clubs, à l'américaine, sont tentés par certains dirigeants à la recherche de meilleurs « marchés ». La pression des supporters est telle que ces déménagements purement mercantiles sont désormais interdits en France après la fusion controversée du Toulouse FC première version avec le Red Star en 1967 et exceptionnels en Angleterre : cas isolé du Wimbledon FC qui déménage à Milton Keynes en 2003 devenant le Milton Keynes Dons Football Club. En réponse à ce déménagement, les fans de Wimbledon ont créé leur propre club : AFC Wimbledon[20].

Les rivalités dans le football touchent principalement les supporters. Les derbies et autres affiches de gala constituent des rendez-vous importants pour les fans qui rivalisent alors dans les domaines du chant ou de l'animation des tribunes (et parfois de la violence) pour prendre un ascendant sur les supporters rivaux. Les rivalités les plus spectaculaires sont en Europe celles opposant Celtic et Rangers à Glasgow, tandis qu'en Amérique du Sud le Super-Clasico Boca-River atteint des sommets dans le genre.

Les supporters se regroupent rapidement au sein de fan-clubs. Dès la fin du Template:XIXe siècle, de tels groupes existent déjà au Royaume-Uni. Ils sont généralement sous l'autorité directe du club. Ce sont des clubs de supporters dits « officiels ». L'un des principaux buts de ces associations est de collecter de l'argent pour leur club. Depuis la création du mouvement des Torcida au Brésil dans les années 1940, certains groupes de supporters deviennent indépendants du club et prétendent même mériter des subventions de sa part. C'est la base du mouvement dit « ultra ». La culture ultra est très développée en Amérique latine et commence à toucher l'ex-Yougoslavie en Europe à partir de 1950[21]. Ce mouvement se propage via l'Italie à partir des années 1960. La vague ultra atteint la France au milieu des années 1980. Si la majorité de ces groupes affiche un pacifisme réel, la violence n'est pas étrangère au mouvement ultra. Les codes utilisés ne sont toutefois pas les mêmes que ceux en usage chez les hooligans britanniques, plus individualistes, et donc totalement étrangers aux rivalités opposant certains groupes au sein de mêmes clubs. Après le drame du Heysel, le terme de hooligan devient synonyme de barbare. Un mouvement plus radical d'inspiration britannico-allemando-néerlandaise, les hools, prend pourtant le relais. Ces derniers, un peu à la manière des ultras, ont un lien moins fort avec leur club, et utilisent la violence à des fins purement privées, sans liens réels avec le club. Certains auteurs désignent du terme de hooligan tous les supporters violents, alors qu'il existe plus qu'une nuance entre un supporter lambda devenant subitement violent et une prise de tribune adverse.

 
Ultras bordelais

Exclue des compétitions européennes suite au drame du Heysel, l'Angleterre est la première nation à édicter des règles strictes pour lutter contre le fléau de la violence. Malgré cette volonté et l'arsenal juridique qui l'accompagne, le problème perdure en Angleterre en marge des rencontres et dans les divisions inférieures. Après avoir testé la bunkérisation des stades avec la mise en place de grillages et autres herses pour canaliser la foule, les autorités préfèrent aujourd'hui traiter le problème en amont en interdisant de stade les supporters violents permettant l'abandon d'une attitude défensive et très agressive, encore de rigueur dans de nombreuses nations, qui donnent à certains stades l'apparence de zones de guerre. Malgré des déclarations convenues sur ces thèmes, la France, qui reste relativement peu touchée par ces phénomènes violents, n'a jamais vraiment traité efficacement le problème. Clubs, police, justice et autorités politiques se renvoient la balle. En Italie, où le mouvement ultra violent est très actif, les autorités apparaissent très mal armées pour faire face au phénomène[22]. Idem en Espagne, notamment. En Amérique du Sud, où est né le mouvement ultra, on assiste depuis plusieurs décennies à une radicalisation des supporters. La répression est aussi féroce qu'inefficace avec des groupes de Barra Bravas ultra violents[23].

De même, les actions racistes de certains supporters perdurent principalement en raison du laxisme de certains dirigeants. Multiplier les opérations à base de banderoles dénonçant le racisme est une chose ; exclure durablement des stades les supporters racistes est une autre histoire. Au début du Template:XXIe siècle, on remarque ainsi qu'une grande partie des supporters interdits de stade en France[24] ou en Belgique[25], par exemple, le sont pour des tentatives d'introduction de fumigènes dans les enceintes. Si le joueur de Valenciennes Abdeslam Ouaddou n'avait pas attiré l'attention sur le supporter messin faisant usage répété d'insultes racistes à son encontre le 16 février 2008, celui-ci n'aurait jamais été inquiété. Il est finalement interpellé à la sortie du stade[26].

 
Invasion de terrain

Le plus souvent pacifiques et festives, les invasions de terrains à la fin de certains matches donnant notamment un titre sont également très spectaculaires. Pour des raisons de sécurité, ce type de manifestation devient rare. D'autres invasions de terrains, bien moins festives, se produisent exceptionnellement à l'occasion de certaines rencontres, en plein match. Ce fut notamment le cas lors du match France-Algérie du 6 octobre 2001 au Stade de France. Le match fut définitivement arrêté à un quart d'heure de la fin[27].

Après avoir compté parmi les plus violents supporters, les fans écossais ont connu une évolution positive dans les années 1970 et font figure, depuis plus de deux décennies, de supporters sympathiques, festifs et fair-play même dans la défaite[28], sauf peut-être face aux voisins anglais. Être capable d'ovationner ses joueurs alors qu'ils viennent d'être sévèrement battus est presque un tour de force pour la quasi totalité des supporters du monde entier, sauf pour les Écossais et quelques autres, comme les Danois[29]. Des études ont montré une importante différence d'âge entre les fans violents et ceux qui sont festifs : 23 ans en moyenne pour les fans anglais lors de l'Euro 1988 contre 31 ans aux Danois[30]. 15 % des supporters danois étaient des femmes contre seulement 2 % chez les Anglais[30]. Certains clubs disposent également de publics d'une fidélité à toute épreuve malgré des résultats médiocres depuis plusieurs générations. On citera pour l'exemple Newcastle UFC en Angleterre.

Football et médiasModifica

Presse écriteModifica

 
Magazines anciens et récents traitant uniquement de football.

Le football entre dans la presse généraliste puis la presse omnisports dès le Template:XIXe siècle. Certains titres refusent toutefois de traiter de ce sport aux racines trop populaires ; The Field (créé en 1853) qui traite principalement de sports « nobles » comme le tennis, le golf, le sport hippique et la chasse n'ouvre ainsi ses colonnes au football que pour le dénigrer. Même son de cloche en France avec le quotidien L'Auto qui multiplie les unes sur le rugby mais refuse d'accorder au football sa première page jusqu'à la Grande Guerre[31].

Une presse sportive moins guindée voit le jour à l'extrême fin du siècle, et ces titres accordent une large place au football. Cette presse enregistre toujours de solides tirages au début du Template:XXIe siècle avec des périodicités quotidiennes, hebdomadaires ou mensuelles. Parmi les grands titres de la presse omnisports quotidienne, citons A Bola, O Jogo et Record au Portugal, La Gazzetta dello Sport, Tuttosport et Corriere dello Sport - Stadio en Italie, Marca et As en Espagne, Olé en Argentine et L'Équipe en France. Il faut attendre l'entre-deux-guerres pour assister à l'apparition d'une presse spécialisée. Ainsi, en France, outre l'hebdomadaire Le Football Association, organe officiel de la FFFA créé le 4 octobre 1919, le premier titre dédié exclusivement au football est l'hebdomadaire Football (1929-1944) qui affiche fièrement en en-tête « Le plus fort tirage des hebdomadaires de football du monde entier ». Ce titre fait office de référence jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. France football lui succède après la Libération.

La presse écrite joue un rôle majeur dans la médiatisation du jeu, mais également dans l'organisation de compétitions, notamment en France. Hachette est ainsi le « soutien indispensable[32] » de la fédération française lors des dix premières éditions de la Coupe de France. Le quotidien Le Petit Parisien prend le relais pour les dernières éditions de la Coupe avant la Seconde Guerre mondiale[33] et devient également le partenaire des premières éditions du championnat de France professionnel. La Coupe des clubs champions européens est créée par le quotidien français L'Équipe en 1955. Dans un premier temps, la jeune UEFA (fondée en 1954) ne s'oppose pas à cette organisation privée, mais la FIFA, redoutant la privatisation des organisations, pousse l'UEFA à prendre à son compte une épreuve dont le tirage au sort du premier tour avait déjà eu lieu[34].

Les clubs possèdent des médias écrits de longue date, programme de match au premier chef. The Celtic View[35], hebdomadaire traitant uniquement de l'actualité du club écossais du Celtic FC est édité depuis 1965. Nombre d'autres clubs se dotent ensuite d'hebdomadaires ou de mensuels ou sont traités par des titres de presse plus ou moins indépendants des clubs. L'AS Roma est à ce jour le seul club traité par un quotidien spécialisé : Il Romanista[36], dont le numéro un sort le 10 septembre 2004. Ce titre est diffusé à 10 000 exemplaires.

Médias audiovisuelsModifica

 Lo stesso argomento in dettaglio: Football et télévision.

La radio couvre le football dès les années 1920[37]. En Italie, la première retransmission d'un match à la radio a lieu le 6 octobre 1924[38]. En Belgique, Adrien Milecamp assure en 1927 le commentaire du premier match radiodiffusé dans le royaume (Belgique-Angleterre du 11 mai)[39]. Georges Briquet, le « roi des radio-reporters[40] » qui débute sa carrière en 1931, est la grande voix française des sports et du football jusqu'aux années 1950. C'est lui qui crée le concept des dimanches après-midi « sport et musique » juste après la Seconde Guerre mondiale[41]. L'arrivée de la télévision modifie la donne, mais ne condamne pas la radio qui s'adapte et met en place des multiplex[42] et des émissions de débats à propos de l'actualité du jeu.

 
Cameraman lors de la Coupe du monde 2006

Le 16 septembre 1937, la BBC diffuse un match d'entraînement entre Arsenal et sa réserve[43]. Arsenal est choisi en raison de sa proximité avec les studios de télévision de l'Alexandra Palace. Mis à part des tentatives allemandes à l'occasion des Jeux olympiques durant l'été 1936 puis du match Allemagne - Italie le 15 novembre 1936, c'est une première.

Les relations entre le football et la télévision restent longtemps conflictuelles. Matt Busby, entraîneur de Manchester United, réclame ainsi en 1957 pour ses joueurs les mêmes égards qu'ont les vedettes de cinéma : . Cette position est adoptée en Angleterre et en France, et malgré quelques tentatives de diffusions et de crises retentissantes, les stades de football restent généralement inaccessibles aux caméras de télévision. Ceci concerne exclusivement les clubs, qui remportent finalement ce bras de fer avec la télévision durant les années 1980 (1983 en Angleterre et 1984 en France) quand les diffuseurs acceptent d'abandonner la politique du dédommagement et acceptent de payer le « spectacle football » à son juste prix. Les équipes nationales ne sont pas concernées par ce débat car les matches sont généralement retransmis depuis le début des années 1950. La Coupe du monde 1954 est la première édition couverte par la télévision[44].

Payant désormais fort cher les droits de retransmission des rencontres, certains diffuseurs deviennent exigeants en matière de calendrier notamment pour l'étalement des journées de championnat pour permettre la diffusion de plusieurs rencontres. Mais le football devient également un enjeu majeur en matière de concurrence. Les chaînes qui possèdent ces droits s'imposent comme des leaders : Sky au Royaume-Uni, TF1 et Canal+ en France.

 
Diffusion d'un match de football en direct et en HD dans une salle de cinéma en Angleterre.

Les prix des droits sont élevés, mais les taux d'audience atteignent des records. Ainsi, sur les onze meilleures audiences de la télévision française depuis 1989 (création de Médiamat), on compte dix matches de football et un de rugby à XV[45]. De même, au niveau international, la Coupe du monde 2006 est diffusée par 376 chaînes de télévision à travers le monde pour une audience cumulée de 26,29 milliards de téléspectateurs pour 52 matches, soit une audience moyenne par match de 506 millions de téléspectateurs[46].

 
Spectateurs de football rassemblés devant un bar à Bruxelles

L'arrivée de la télévision n'a pas que des conséquences financières. La diffusion de rencontres engendre des problèmes au niveau du jeu lui-même et de sa perception par les médias et le public, en pointant notamment les erreurs d'arbitrage[47]. Ce phénomène n'est pas nouveau. Dès les années 1950, déjà, certains matches déclenchent des vagues de protestations importantes. Le 2 mars 1960, la chaîne unique française diffuse le match retour de la Coupe des clubs champions européens : Real Madrid - OGC Nice, dont l'arbitrage douteux à l'avantage des Espagnols choque de très nombreux téléspectateurs[48]. Au lieu de jouer un rôle de médiateur, les médias français jettent de l'huile sur le feu, hier comme aujourd'hui, plaçant les arbitres dans des situations compliquées. Et du « Monsieur Foote, vous êtes un salaud ! Quel scandale cet arbitrage, c’est invraisemblable ! Jamais vu un individu pareil, il devrait être en prison et pas sur un terrain de football » lancé par Thierry Roland lors du match Bulgarie-France de 1976 à l'encontre de l'arbitre[49], aux campagnes de dénigrement systématique marquant les premières années du Template:XXIe siècle, la télévision française s'est particulièrement illustrée par son manque de fair-play, qui englobe également le respect des décisions de l'arbitre.

Quelques clubs possèdent leurs propres chaînes de télévision. Middlesbrough FC est le premier club anglais à se doter d'un tel outil. Boro TV opère de 2001[50] à 2005[51]. Parmi les autres chaînes de télévision de clubs, citons OM TV, OL TV, Inter Channel, Milan Channel, Roma Channel, Manchester United TV, Real Madrid TV et Barça TV notamment. D'autres clubs se contentent de diffuser matches, résumés et reportages via leurs sites internet.

Économie du footballModifica

 
Panneaux publicitaires ceinturant le Stade Bonal (FC Sochaux, France)
 Lo stesso argomento in dettaglio: Économie du football.

Le football se transforme en business dès le milieu des années 1880 au Royaume-Uni[52]. Les importantes recettes enregistrées aux guichets permettent de financer la professionnalisation des championnats et la construction de stades. Si les maillots restent longtemps vierges de toute publicité, le stade est très vite doté de panneaux publicitaires tandis que les produits dérivés, des programmes de matches aux gadgets aux couleurs des clubs, apparaissent également dès la fin du Template:XIXe siècle en Grande-Bretagne. Au niveau des affluences, la première saison du championnat d'Angleterre (1888-1889) affiche 4 639 spectateurs de moyenne par match[53]. La barre des 10 000 spectateurs de moyenne est franchie avant la fin du Template:S-, celle des 20 000 avant la Première Guerre mondiale[54].

Les recettes aux guichets restent l'élément essentiel du budget des clubs jusqu'aux années 1990. Les droits payés par la télévision représentent depuis lors entre un tiers et deux tiers des budgets des clubs. La publicité constitue également un poste important des recettes, notamment depuis la fin des années 1960. La publicité sur les maillots est autorisée en France en octobre 1969 après une tentative avortée en 1968 : la Ligue voulait imposer à tous les clubs le même partenaire. Le Nîmes Olympique et l'Olympique de Marseille sont les premiers clubs professionnels français à arborer une publicité sur leurs maillots[55]. L'UEFA autorise les publicités sur les maillots en coupes d'Europe des clubs à partir de 1982, sauf pour les finales où l'interdit est levé en 1995. La FIFA interdit en revanche les publicités sur les maillots des équipes nationales.

Les clubs générant le plus de revenus (2006-2007) sont le Real Madrid (Espagne) avec 351 millions d'euros, Manchester United (Angleterre) 315,2, FC Barcelone (Espagne) 290,1, Chelsea FC (Angleterre) 283 et Arsenal FC (Angleterre) 263,9[56].

Les montants financiers sont importants et les déficits de certains clubs peuvent également atteindre des montants records. La santé financière des clubs constitue un double enjeu : assurer leur pérennité et éviter le dopage financier, c'est-à-dire acheter une équipe à crédit. La France a mis en place au milieu des années 1990 la DNCG qui a pour mission de contrôler les comptes financiers des clubs professionnels avec le pouvoir de les reléguer, d'interdire un club de promotion ou de limiter leur masse salariale. Longtemps en déficit chronique, les clubs de Ligue 1 présentent des comptes bénéficiaires depuis 2006 : plus de 42 millions d'euros de bénéfice net en 2006-2007 sur les 20 clubs de L1[57]. Souvent évoquée, une DNCG européenne reste à créer afin d'éviter certaines dérives[58]. L'introduction des clubs en bourse est une évolution récente ne touchant que quelques rares clubs. À la fin de la saison 2006-2007, 11 clubs anglais, 5 Danois, 4 Turcs, 4 Italiens, 3 Portugais, 2 Français, 1 Écossais, 1 Néerlandais, 1 Suédois et 1 Allemand étaient côtés en bourse[59].

 
Emirates Stadium à Londres, au nom de la compagnie aérienne Emirates

Les clubs ou collectivités propriétaires des stades ne pouvant pas faire face à certains travaux louent le nom du stade à un sponsor. Cette forme de publicité existe déjà en France avant la Première Guerre mondiale avec le Stade du Matin, futur stade olympique de Colombes, qui porte le nom du journal quotidien parisien Le Matin de 1907 à 1919[60]. En 1996, cette pratique est réintroduite par les Américains, et elle touche l'Europe à partir de 1997 avec le nouveau stade des Bolton Wanderers baptisé Reebok Stadium. La FIFA admet mal cette innovation, et à l'occasion de la Coupe du monde 2006 en Allemagne, les noms des stades ne comprenaient officiellement aucun nom de sponsor alors que leur construction fut en partie financée par cette voie[61]. En France, le premier contrat de naming est signé en 2008 au Mans pour son stade qui sera inauguré en 2010 et doit porter le nom de MMArena.

L'organisation de rencontres génère également toutes sortes de retombées économiques ne concernant pas directement le club ni même le monde du football. Auxerre, petite ville moyenne française, doit en grande partie sa notoriété, en France comme à l'étranger, à son équipe de football[62]. L'AJ Auxerre est un véritable ambassadeur de la ville, qui profite de plus de retombées directes en matière d'hôtellerie et d'activités accrues pour les cafés-restaurants. De même, l'organisation d'une Coupe du monde ou d'un Euro, permet à une nation (ou un binôme comme c'est le cas en Suisse-Autriche pour l'Euro 2008) de procéder à une efficace campagne de promotion et de s'équiper en stades mais aussi en moyens de transports ou en hôtels. Les conséquences sur la hausse du PNB restent discutées, mais l'Organisation mondiale du tourisme met en avant la Coupe du monde pour expliquer la hausse importante du tourisme international en Allemagne en 2006 (+9,6 %)[63].

Football et politiqueModifica

Enjeux locauxModifica

Comme l'annonce clairement Alfred Wahl : . Le match de football opposant le Dynamo de Peppone à La Gaillarde de Don Camillo dans le film Le Petit Monde de Don Camillo (1951) illustre sur le ton de l'humour cette situation. L'existence de plusieurs clubs rivaux dans la même ville appartient en général au passé, notamment dans les villes moyennes. Certaines grandes cités sont parvenues à conserver plusieurs clubs de même niveau, sauf en France, où les autorités ont veillé, dès les années 1930, à appliquer la règle : « un club, une ville ».


Les derniers exemples français de clubs de même niveau localisés dans la même ville sont ceux de Vannes (Vannes OC est le résultat de la fusion des deux clubs historiques de la ville en 1998) et La Roche-sur-Yon (idem pour La Roche VF en 1989). Dans ces cas, il s'agit de fusion entre un club issu d'un patronage catholique et d'un club s'affichant comme laïc. Cette opposition née en France au début du Template:XXe siècle a masqué les oppositions classiques droite/gauche que l'on retrouve dans le reste de l'Europe continentale. En France, quand les « Rouges » affrontaient les « Blancs », il s'agissait d'un match opposant laïcs et catholiques ; ailleurs, comme dans l'exemple de Don Camillo, il était plutôt question d'une opposition gauche/droite, même si l'Église était le plus souvent derrière les clubs « Blancs ». Le seul club professionnel français issu d'un patronage catholique est l'AJ Auxerre. Son rival local, le laïc Stade auxerrois existe toujours, mais évolue en championnat de Bourgogne.

La présence d'un seul club dans une ville pose d'autres problèmes, comme la municipalisation du club, avec toutes les dérives possibles à ce niveau. Les communes possèdent généralement les installations sportives et ont longtemps eu droit de vie ou de mort sur les clubs en accordant ou en refusant des subventions. La montée en puissance des droits versés par la télévision permet aux clubs professionnels de s'émanciper un peu, mais le problème reste entier au niveau amateur.

Certains clubs sont emblématiques de revendications. Le FC Barcelone ou l'Athletic Bilbao sont ainsi des symboles forts du régionalisme catalan[64] et basque. Aujourd'hui encore, il faut être né au Pays Basque "historique" ou avoir été formé au club pour pouvoir jouer à l'Athletic Bilbao.

Les revendications religieuses ont aussi leur droit de cité dans le football. En Irlande du Nord, le principal club de Belfast, Linfield FC est composé exclusivement de joueurs protestants. Pendant longtemps, ses matches contre Cliftonville FC, club situé en plein quartier catholique, se jouaient pour raison de sécurité sur terrain neutre à Windsor Park[65]. Suite à la multiplication des incidents à domicile et à l'extérieur, le club catholique de Derry City FC joue désormais dans le championnat d'Irlande. La situation est également tendue à Glasgow entre les protestants du Glasgow Rangers et les catholiques du Celtic FC.

À l'inverse, le football peut servir d'élément de rassemblement symbolique comme ce fut le cas en France après la victoire en Coupe du monde 1998 ou en Irak en 2007 après le gain de la Coupe d'Asie des nations. , déclare Hussein Saeed, ancien joueur emblématique des années 1980 et président de la fédération irakienne[66].

Enjeux internationauxModifica

Dérives nationalistesModifica

En raison de sa visibilité médiatique, le football est souvent exploité par les nationalistes de tous genres. Aucun régime totalitaire ou autoritaire n'a négligé ce moyen de propagande. Benito Mussolini a ainsi promu l'équipe d'Italie au rang de « soldats de la cause nationale[65] ». Les fascistes italiens sont pourtant clairement hostiles au football, trop anglais, à leur arrivée au pouvoir. Ils tentent ainsi de lui substituer le jeu local de la Volata ; sans succès[67]. Les dirigeants soviétiques, à l'image de Mussolini, ne sont pas franchement férus de football, mais exploitent le filon à partir des années 1950 après avoir mis la main via l'armée, la police et le KGB sur les principaux clubs de la capitale dès les années 1920-1930[68].

En ex-Yougoslavie, le football sert également de vecteur aux revendications nationalistes. La structuration des groupes ultras dès les années 1950 favorise cette dérive[69] et la mutation en groupes para-militaires actifs (comme les Tigres d'Arkan, notamment, ultras de l'Étoile rouge de Belgrade à la base) pendant la guerre civile des années 1990[70].

Football et diplomatieModifica

Quand le nationalisme prend le pas sur un certain « chauvinisme » sympathique, des problèmes graves peuvent apparaître dans les relations entre nations.

En 1969, un match de football marque ainsi le coup d'envoi d'une guerre qui reste sous le nom de Guerre du football ou guerre de Cent Heures. En match de barrage pour accéder à la phase finale de la Coupe du monde 1970, le Salvador s'impose 3-2 face au Honduras. Dans la foulée de cette victoire, le Salvador envahit le Honduras afin de régler un ancien conflit frontalier. Cette courte guerre fait plus de 2 000 morts et ne règle pas le problème entre les voisins[71].

Des incidents frontaliers sont également signalés après la finale de la Coupe du monde 1930 entre l'Uruguay et l'Argentine, tandis que 320 morts sont recensés lors d'émeutes après un match Pérou-Argentine le 23 mai 1964[72].

Le football est utilisé comme arme de propagande par le FLN durant la Guerre d'Algérie. Entre avril 1958 et mars 1962, l'Équipe de football du FLN est un puissant ambassadeur de la cause algérienne, malgré l'interdiction par la FIFA d'affronter cette formation [73].

Le football peut également servir de médiateur diplomatique comme ce fut notamment le cas en 1998 lors de la Coupe du monde en France à l'occasion du match du groupe F opposant l'équipe des États-Unis à celle d'Iran[74] — match remporté 2-1 par l'Iran — ou en 2002 quand la Coupe du monde se tient conjointement en Corée du Sud et au Japon. Ne voulant pas trancher entre ces deux nations historiquement rivales, la FIFA a en effet décidé, contre toute logique sportive, de leur confier l'organisation de cette Coupe du monde afin de favoriser leur réconciliation[75].

En 2008-2009, l'Arménie et la Turquie ont accompagné leurs matches de sélection pour la Coupe du monde 2010 d'un rapprochement diplomatique. Cette "diplomatie du football" aboutit quatre jours avant le match retour en octobre 2009 à la signature d'un accord historique entre les deux pays[76].

Droits de l'hommeModifica

En favorisant le dialogue entre les peuples, le sport, et le football en particulier, joue un rôle non négligeable au niveau de l'évolution des mentalités et de la progression des droits de l'homme. De la parité homme-femme, à la lutte contre le racisme et l'intolérance en passant par la liberté d'expression, le football offre un champ d'expérience mettant en lumière tantôt des avancées innovantes, tantôt des retards étranges.

Les dates de sélection des premiers joueurs noirs en équipe nationale européenne sont significatives : 1881 en Écosse (cas isolé), 1931 en France et au Pays de Galles, 1937 au Portugal, 1951 en Suisse, 1960 aux Pays-Bas, 1974 en Allemagne, 1978 en Angleterre, 1987 en Belgique, 1998 en Espagne, 2000 en Pologne et 2001 en Italie[77]. De plus, les réactions à certaines de ces premières sont difficiles pour nombre de joueurs. Viv Anderson, sélectionné en 1978 pour porter le maillot de l'équipe d'Angleterre, reçoit non seulement des menaces de mort, mais doit aussi subir tout au long de sa carrière des chants racistes descendant des tribunes. Ces derniers, tel « Everton are White », restent courants dans les stades anglais jusqu'à la fin des années 1980[78]. La situation est clairement plus paisible en France pour les Raoul Diagne et autres Larbi Ben Barek dans les années 1930.

Sous le régime communiste, le stade de football reste l'un des rares espaces où peut s'exprimer la contestation contre le régime. En effet, se déclarer supporter de tel ou tel club a alors une signification politique majeure tandis que les chants des supporters contre les clubs dirigés par le parti communiste et ses divers organes politico-militaro-industriels étaient autant de cris d'opposition au régime. Certains joueurs refusent même de jouer pour ces clubs. Eduard Streltsov, le « Pelé russe », refuse de quitter le populaire Torpedo Moscou pour le CSKA ou le Dynamo. Il effectue alors sept années de détention dans les goulags. À sa sortie, il remporte le titre de champion d'URSS 1965 avec le Torpedo en forme de pied de nez au régime[79].

Oppositions au footballModifica

Le football suscite de violentes oppositions. À l'époque de la soule, nombre de clercs menacent ceux qui pratiquent cette discipline d'excommunication[80]. Comme déjà indiqué, la bonne société anglaise n'a jamais vraiment admis cette discipline trop populaire. Le football est aussi attaqué au niveau de ses principes de jeu et est longtemps surnommé « sport de paralytiques » en France par ses opposants[81]. Nombre de pays refusent de reconnaître cette discipline à ses débuts, lui préférant le rugby et le cyclisme (France) ou la gymnastique (Allemagne). Dès 1905, pourtant, le football compte en France plus de clubs et de licenciés que le rugby, défendu par les élites. L'USFSA multiplie ainsi les vexations contre le football, et programme en 1911 le match international de football France-Angleterre en lever de rideau d'un match du championnat de France de rugby[82].

L'attaque la plus courante contre le football est la professionnalisation. Cette critique fait son apparition dès 1885 et l'adoption du professionnalisme en Angleterre. Les réticences sont importantes notamment en France, aujourd'hui encore, et en Allemagne jusqu'aux années 1960. Pour mémoire, le cyclisme, professionnel depuis les années 1880, n'a jamais subi ce type d'attaques en France. La FFF, elle-même, n'est pas très à l'aise avec cette situation, et refuse de reconnaître l'existence du semi-professionnalisme. Elle préfère ainsi nommer ses championnats nationaux semi-professionnels (du National au CFA2) d'« amateurs ».

Renouant avec les procès en diabolisation qui avaient cours au Moyen Âge à propos de la soule, nombre d'auteurs mettent en avant le fait que « le football est une maladie[83] ». Des auteurs comme le sociologue Jean-Marie Brohm et l'architecte-philosophe Marc Perelman[84] perpétuent cette école avec des ouvrages aux titres évocateurs : Le football, une peste émotionnelle : Planète des singes, fête des animaux (1998), Les intellectuels et le football. Montée de tous les maux et recul de la pensée (2000) ou Le football, une peste émotionnelle : La barbarie des stades (2006)[85].

NoteModifica

  1. ^ (FR) Eric Walter, Goal! Le football, langage universel, Losanna, La Cité-L'age d'homme, 1974
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  4. ^ (EN) Paul Gambaccini, Tim Rice e Jo Rice, op. cit., p.16
  5. ^ (EN) Paul Gambaccini, Tim Rice e Jo Rice, op. cit., p.51
  6. ^ (EN) Paul Gambaccini, Tim Rice e Jo Rice, op. cit., p.264
  7. ^ (EN) Paul Gambaccini, Tim Rice e Jo Rice, op. cit., p.149
  8. ^ (EN) Paul Gambaccini, Tim Rice e Jo Rice, op. cit., p.264
  9. ^ Yves Bigot, op. cit., p.75
  10. ^ (EN) Graham Williams, The Code War. English football under the historical spotlight, Harefield (Middx.), Yore, 1994, p.635. ISBN 1-874427-65-8
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  13. ^ (IT) Luca Giannelli, op. cit., p.74
  14. ^ (ES) « La quiniela recaudó 16.000 millones menos que la temporada pasada », dans El País du 23 juin 1987. Consulté le 27 mars 2008.
  15. ^ Jean-François Bourg, op. cit., p.155
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  17. ^ Alfred Wahl, « Le football, un nouveau territoire de l'historien », dans la revue historique Vingtième siècle[1], N°26, avril-juin 1990, p.127-132. Alfred Wahl pointe dans son article « le retard des historiens français » en comparaison des écoles historiques anglo-saxonnes qui pratiquent déjà la discipline de longue date.
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  24. ^ Pierre-Henri Allain, « La violence au stade, terrain d'enjeux », dans Libération du 9 avril 2007. Consulté le 23 mars 2008. Pierre-Henri Allain cite Dominique Bodin qui « s'étonne que, malgré des situations comparables, il y ait seulement 300 personnes interdites de stade en France ­la quasi-totalité pour simple usage de fumigènes­, quand on en compte 3 000 en Grande-Bretagne. »
  25. ^ « Interdits de stade = Hooligans ? » communiqué du club de supporters des RFCL Away Fans, le 11 octobre 2007. Consulté le 23 mars 2008.
  26. ^ « Le capitaine de Valenciennes, Abdeslam Ouaddou victime d’insultes racistes » sur le site de France Info le 17 février 2008. Consulté le 23 mars 2008.
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  29. ^ (EN) Adam Brown, op. cit., chapitre « Football fans in Scandinavia : 1900-1997 », p.141-157
  30. ^ a b (EN) Adam Brown, op. cit., p.150-151
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  37. ^ A noter l'absence totale du traitement du football dans l'étude de Cécile Méadel, Histoire de la radio des années trente, Paris, Anthropos/INA, 1994, ISBN 2717826262. Sur les cinq pages consacrées au sport, une seule demi-phrase concerne le football : « Le cyclisme était, avec le football, un des domaines vedettes du reportage radiophonique », p.275
  38. ^ (IT) Luca Giannelli, op. cit., p.97
  39. ^ Chronologie de la RTBF sur le site officiel de la RTBF. Consulté le 16 avril 2008.
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  46. ^ « 2006 FIFA World Cup broadcast wider, longer and farther than ever before » sur le site officiel de la FIFA le 6 février 2007. Consulté le 29 mars 2008.
  47. ^ Jacques Blociszewski, Le match de football télévisée, Rennes, Editions Apogée, 2007, ISBN 9782843982743
  48. ^ France Football, N°731 du 15 mars 1960, p.23.
  49. ^ France Football, N°1593 du 19 octobre 1976, consacre son éditorial (p.2) et son courrier des lecteurs (p.29) aux propos de Thierry Roland. Jacques Ferran précise ainsi dans son éditorial : « On insulte l'arbitre dès qu'il prend une décision qui ne vous plait pas. Et l'on ne sait plus perdre avec sérénité. Les journalistes que nous sommes participent, hélas, de plus en plus, à cette fièvre et à ce désordre. ».
  50. ^ (EN) Boro first to take advantage of new TV rights regulations sur le site sportbusiness.com le 31 août 2001. Consulté le 3 mai 2008.
  51. ^ « Boro television channel to close » sur le site de la BBC le 1Template:Er juillet 2005. Consulté le 3 mai 2008.
  52. ^ (EN) Steven Tischler, op. cit., chapitre « Toward a "Sound Business Footing" » p.51-65
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  54. ^ (EN) Brian Tabner, op. cit., p.140
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  62. ^ L'office de tourisme d'Auxerre précise dans sa présentation : « Auxerre est une ville assez peu connue. Les touristes associent Auxerre à quatre éléments : la Bourgogne, le football, l’autoroute, et aux affaires de moeurs qui continuent de donner une très mauvaise image au département de cette préfecture. ». Consulté le 9 avril 2008.
  63. ^ (PDF) « Envolée du tourisme en Allemagne grâce à la Coupe du monde de football », p.5 sur le site officiel de l'Organisation mondiale du tourisme. Consulté le 29 mars 2008.
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  70. ^ Entretien avec Jean-Arnault Derens, spécialiste des Balkans, dans Les Cahiers du football, le 16 février 2005. Consulté le 14 avril 2008.
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  76. ^ http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/10/14/deuxieme-mi-temps-de-la-diplomatie-du-football-entre-ankara-et-erevan_1253776_3218.html
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  81. ^ Alfred Wahl, Les archives du football, op. cit., p. 41
  82. ^ Alfred Wahl, Les archives du football, op. cit., p. 129
  83. ^ Alfred Wahl, Les archives du football, op. cit., p.67 qui cite un article du 9 mars 1932 publié dans Miroir des Sports : « Mais si le football est un sport, c'est aussi une maladie. »
  84. ^ Notice biographique de Marc Perelman sur le site de son éditeur, Verdier. Consulté le 28 avril 2008.
  85. ^ « "Les intellectuels et le football" : liaisons dangereuses, essai fatal » par Nico Paul sur le site officiel des Cahiers du football, le 11 septembre 2002. Consulté le 28 avril 2008. Comme le signale Les Cahiers du football : « Mais ce travail critique est discrédité par une vision univoque et une certaine méconnaissance de son sujet... ».